Titre original The Naked Spur. Année de production Ici, l’humanisation se mérite et doit se construire. Lina est personnage un peu en retrait, une jeune femme habillée et coiffée à la garçonne, toute entière dévouée à celui qu’elle prend pour son bienfaiteur. Un très grand numéro d’acteur dans lequel James Stewart, avec sa veste élimée, son regard fatigué mais farouche, son visage hirsute et son inquiétante détermination, casse une fois de plus son image de « bon Américain » de la plus surprenante des manières. Western tourmenté et anti -héros en quête de rédemption. La Chevauchée de la vengeance.

Nom: lappat 1953
Format: Fichier D’archive
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Licence: Usage Personnel Seulement
Taille: 36.41 MBytes

Bon film que nous avons particulièrement aimé. Janet Leigh Lina Patch. Mellor qui décidément a une prédilection pour les forêts de bouleaux ; c’était déjà lui qui les magnifiait dans Au-delà du Missouri Au-delà du Missouri de William Wellman. Choose a way to live, that is the hard part. Impossible d’oublier ces forêts ainsi que le torrent « catalyseur » du final.

Howard Kemp James Stewartun fermier taciturne dépossédé de son ranch par sa femme alors qu’il était parti à la guerre et qui souhaite désormais se refaire un petit pactole par tous les moyens pour récupérer son bien ; Roy Anderson Ralph Meekerun ex-officier lapat à la moralité douteuse, déchu pour avoir violé une jeune Indienne et du coup recherché par la tribu qui veut lui faire payer cet affront ; enfin Jesse Tate Millard Mitchellun vieux prospecteur à la perpétuelle recherche d’un bon filon.

Les pappat réunis pour aider Kemp à appréhender Ben Vandergroat Robert Ryanun hors-la-loi dont la tête est mise à prix pour lappaat dollars. Il faut dire que le prisonnier fait tout pour instiller la jalousie et la méfiance dans les esprits, espérant ainsi semer la discorde entre ses trois geôliers Mais, si tout le monde est d’accord pour dire que le niveau de ce corpus westernien James Stewart inclu ou non côtoie les sommets, chacun en fonction de ses goûts ou de ses attentes est néanmoins en droit de préférer tel film à tel autre.

Dans The Naked Spurpas de ville, pas de ranch, aucun intérieur saloon ou autrespas de seconds rôles ni d’intrigues secondaires ; nous assistons à un véritable huis clos en plein air avec seulement cinq personnages, trois des cinq se trouvant devoir en convoyer un quatrième pour toucher la prime prévue pour son arrestation. A la majesté et à la sérénité du thème principal de Hans J. J’ai voulu montrer la montagne et les torrents, les sous-bois et les cimes, bref, retrouver tout un climat « Daniel Boone »: En ce sens, le tournage m’a donné de réelles satisfactions.

L’appât (1953) de Anthony Mann

Le piton rocheux sur lequel ont été tournées les dernières séquences s’appelle effectivement « The Naked Spur » [ L’éperon nu]. Je me suis dit: C’est là toute l’origine du combat final entre Robert Ryan et James Stewart.

Dans l’ordre d’apparition à l’écran, nous rencontrons en premier lieu Howard Kemp James Stewart.

Taciturne, pas spécialement sympathique, il pourrait s’agir d’un des premiers bounty hunter de l’histoire du western, l’un de ces fameux chasseurs de primes immortalisés la décennie suivante par Sergio Leone. Comme il en sera pour tous les autres protagonistes, nous n’apprendrons des bribes de son passé et nous ne connaitrons ses motivations que de manière très parcellaire, l’ambigüité du personnage comme celle de tous les autres n’étant jamais vraiment levée.

Si Kemp se fait passer en premier lieu pour un shérif, on découvre bientôt qu’il ne s’agit que d’un rancher bafoué, trahi, dépossédé de ses biens alors qu’il se battait dans les rangs de l’Union durant la guerre de Sécession. A son retour des combats, il trouve sa ferme et ses terres vendues, son épouse partie avec un autre homme.

Désespéré et rempli d’amertume on ne le serait à moinsdepuis ce jour il cherche par tous les moyens à se refaire une fortune mais de manière rapidement amassée, celle qui consiste donc à chasser les hommes dont la tête est mise à prix. Bref, comme le lui reprochera Lina en se mêlant de ce qui ne le regarde pas, prêt à tuer un homme qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam, même pas certain de sa culpabilité et s’en fichant d’ailleurs comme d’une guigne du moment que la prime tombe dans sa poche.

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Nous sommes loin des héros purs et durs du western traditionnel car Kemp s’avèrera non seulement guère très aimable mais dans le même temps névrosé et violent, voire inquiétant et parfois odieux.

L’Appât – Film () – SensCritique

Mais, comme dans Les Affameursce chemin parsemé d’embûches et de cadavres l’amènera à la rédemption, ici par l’intermédiaire de Lina. Lina est personnage un peu en retrait, une jeune femme habillée et coiffée à la garçonne, toute entière dévouée à celui qu’elle prend pour son bienfaiteur.

Il s’agit d’ailleurs du seul protagoniste totalement positif, témoignant même d’une profonde humanité ; les seuls actes de malveillance qu’elle pourra commettre seront le résultat de lsppat naïveté et de sa trop grande confiance en l’homme qui l’a recueillie après la mort de son père. On peut donc tout à fait comprendre cet attachement presque amoureux. Au fur et à mesure du périple, elle va se rapprocher de Howard Kemp dont elle finit par apprendre le passé, ce qui lui permet de mieux comprendre ses motivations sans cependant les excuser.

C’est néanmoins par le fait de vouloir au final le suivre en faisant 9153 rase de son passé qui va faire prendre conscience à Kemp, touché par ce désintéressement, qu’il se fourvoie et qu’il prend une mauvais chemin.

Car, 153 le dit si bien Ben lorsque Kemp lui donne le choix entre la pendaison et lalpat balle dans la tête: Choosin’ a way to live – that’s the hard la;pat. Malgré son air canaille, on se prend parfois à se demander s’il est bien coupable du meurtre dont on l’accuse ; la confiance que lui porte aveuglément Lina, la tendresse qu’il semble avoir à son égard nous le font prendre un moment en sympathie.

Et pourtant cet homme arrogant et roublard ne cherche qu’une seule chose: Si le pittoresque est quasiment absent du film, voir ce longiligne acteur assis sur son âne restera pourtant une image assez cocasse. Cette alppat aura en revanche du mal à se manifester envers le personnage opportuniste joué par Ralph Meeker, un soldat déchu de l’armée pour avoir violé une jeune Indienne.

L’appât de Anthony Mann – () – Film – Western – L’essentiel –

Pareillement cynique mais capable devant nous de provoquer un massacre d’Indiens d’une tribu pourtant pacifiste. Il trouvera néanmoins à se faire pardonner par ses compagnons en leur disant que c’était ça ou sa propre mort, puisque ces guerriers étaient à sa recherche pour lui faire payer sa mauvaise conduite envers une squaw de leur tribu. Mais la violence et le plaisir avec lesquels il mène ce carnage nous font nous demander si le chasseur n’est pas une bête plus féroce que le bandit qu’il ramène pour être jugé.

Quant au cinquième larron, il s’agit d’un prospecteur que l’on croirait tout droit sorti du Trésor de la Sierra MadreJesse fait beaucoup penser au personnage joué par Walter Huston dans le film de son fils, mais dépourvu de l’aspect picaresque que Huston pouvait avoir.

Pas spécialement méchant, il n’hésitera pas toutefois à abandonner ses compagnons de route quand on lui fera miroiter un filon ; il sera néanmoins puni par son avidité. Bref, on a quatre personnages masculins égoïstes, individualistes à l’extrême et peu recommandables, mus par l’appât du gain ou par l’instinct de survie mais auxquels on peut cependant parfois s’attacher.

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Puisqu’il s’agit d’un âpre huis clos dans des grands espaces, il ne faudrait pas oublier le sixième personnage du film, presque aussi important que ceux de chair et de sang qui le traversent: Paysages montagneux admirablement filmés par Anthony Mannsubtilement photographiés par William C. Mellor qui décidément a une prédilection pour les forêts de bouleaux ; c’était déjà lui qui les magnifiait dans Au-delà du Missouri Au-delà laplat Missouri de William Wellman.

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Impossible d’oublier ces forêts ainsi que le torrent « catalyseur » du final. On regrettera juste un Robert Ryan souvent au bord du cabotinage son interprétation était un tout petit peu plus subtile dans Horizons West de Budd Boetticher dans lequel il tenait déjà le « mauvais rôle » et une Janet Leigh un peu trop en retrait. Autrement, James Stewart se révèle grandiose, nous délivrant une performance extraordinaire et surtout sacrément étonnante! Envolés les héros immaculés de Frank Capraplace à un homme névrosé, rongé par la haine et la colère ; il est difficile d’effacer de sa mémoire cette séquence où, au sein d’un plan fixe de paix nocturne, la tête du comédien apparait brusquement en bas du cadre, Howard Kemp criant comme un forcené au sein d’un délire qui dure quelques longues secondes.

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Un très grand numéro d’acteur dans lequel James Stewart, avec sa veste élimée, son regard fatigué mais farouche, son visage hirsute et son inquiétante détermination, casse une fois de plus son image de « bon Américain » de la plus surprenante des manières.

Si la simplification de l’intrigue à l’extrême, l’austérité et l’âpreté du ton peuvent rendre The Naked Spur moins immédiatement plaisant que les précédents westerns d’ Anthony Mannsi le manque d’empathie envers des personnages tous outrancièrement individualistes peut aisément se comprendre et créer une certaine distance entre le film et le spectateur, le film pourra pour ces mêmes raisons plaire à ceux qui apprécient quand un réalisateur les prend à rebrousse-poil, quand les protagonistes ne leur sont pas immédiatement sympathiques.

Mais si quelques éléments du scénario peuvent poser problème l’étirement un poil trop long de la scène dans la grottel’unanimité se fera probablement à propos de la mise en scène, toujours aussi rigoureuse et virtuose. On s’émerveillera très souvent devant la perfection et le soin apportés à tel cadrage, la beauté de tel plan, la soudaineté de tel travelling, la parfaite gestion de la topographie, l’efficacité des scènes d’action.

A ce propos on reconnaitra l’importance que le cinéaste accorde aux séquences de fusillades dans les rochers plus encore que celle concluant Winchester 73les deux séquences qui encadrent L’Appât sont absolument fantastiques, la parfaite gestion du temps, du rythme et de l’espace nous donnant des moments de suspense imparableset l’on sera stupéfié par les éclairs de violence qui surgissent au moment où l’on s’y attendait le moins voir la mort de Jesse ou l’éperon fiché dans la joue et parfois même alors que la quiétude semblait avoir envahi l’écran voir la séquence du délire de James Stewart déjà décrite ci-avant.

Le travail sur le son est tout aussi remarquable ; on n’oubliera pas de sitôt l’impression que nous aura laissée le silence de mort qui suit le massacre des Indiens, le bruit des rochers qui dévalent en avalanche ou celui, tumultueux, du torrent lors du dernier quart d’heure du film. Tourné avec très peu de moyens financiers, L’Appât fit faire de gros et mérités bénéfices à la compagnie qui le produisit, la MGM, un studio trop souvent vilipendé pour la mièvrerie de ses films modelés pour la famille et trop régulièrement accusé de chercher à ratisser le plus large possible.

En ce qui concerne sa production de western, on peut affirmer que lwppat tout le contraire qui a s’est produit: Et le film d’ Anthony Mann est une nouvelle preuve de ce que j’affirme ici. Il ne se conclura pas moins par lappta happy endqu’il est tout autant difficile de rejeter tellement il s’avère touchant. Affranchi lappaf fantômes de son passé, libéré de ses pulsions bestiales, Kemp accepte le « sauvetage » moral de son âme par une femme qui se donne toute entière à lui en lui faisant comprendre qu’elle a déjà tout effacé de son esprit et qu’elle souhaite repartir à zéro.

L’Appât est un superbe exercice de style en même temps qu’une captivante étude de caractères. Venez discuter du film sur notre forum!

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