Dis-moi Gorgias, ce que dit Calliclès est-il vrai, que tu te fais fort de répondre à toutes les questions qu’on peut te proposer? Voilà un premier point sur lequel nous ne nous accordons pas. Il disait tout-à-l’heure à ceux qui étaient présents de l’interroger sur ce qu’ils voudraient, se faisant fort de les satisfaire sur tout. Mon bel ami, nous nous procurons des amis et des enfants tout exprès, afin que si nous venons à faire quelque faux pas étant devenus vieux, vous autres jeunes gens vous redressiez et nos actions et nos discours. III – Socrate seul: Preuves dialectiques Dans la première preuve, Socrate s’applique à montrer la non- identité de deux concepts, le plaisir et le bien, par la non-identité de leurs effets, c’est-à-dire la capacité ou l’incapacité de coexister avec leurs contraires.
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Celle du plaisir et du bien nous en fournira un troisième. Or, pour améliorer les autres, il faut d’abord être bon soi-même. Les rapports entre démocratie et rhétorique. De même les Lois distinguent entre une rhétorique scientifique qui procède avec art et une rhétorique non scientifique qui procède sans art et qui n’est qu’un empirisme et une routine Mais, de grâce, tiens ta promesse, et réduis-toi à faire des réponses courtes à chaque question. N’étant pas fondé sur la nature des choses, il ne parvient jamais à en découvrir l’essence.
Cet exposé propose une lecture suivie du Gorgias de Platon.
Les étapes du Gorgias. Les thèmes du Gorgias. La rhétorique – Art de la communication. II – La réfutation par Socrate:. III – Socrate seul:. Plan du Gorgias et répartition des thèmes. Les rapports entre démocratie et rhétorique. La distinction entre rhétorique et sophistique. Le pouvoir selon Socrate et selon Polos. La généalogie de la morale selon Nietzsche.
LIRE LE GORGIAS
Quel est cet art, Gorgias, que tu pratiques et que tu plaotn aux Athéniens? La réponse de Gorgias est bien décevante. Surgit alors le jeune et bouillant Polosreprochant à Gorgias son manque de courage et se substituant à lui dans le débat. Tout oppose ces deux hommes: Les citoyens reconnus tels deviennent de véritables acteurs politiques siégeant dans les assemblées et les tribunaux.
Platon : Gorgias (français) : traduction de Victor Cousin.
Ce ne sont plus les armes qui sont les instruments du pouvoir, mais les mots. Tel est le débat qui occupe tout le premier entretien. Gorgias ne résiste pas au plaisir de donner à Socrate un exemple de cet incroyable pouvoir: Il faut en effet distinguer croire et savoir. Derrière chaque art en effet se cachent des contrefaçons qui prennent le masque des arts pour lesquelles elles veulent se faire passer: Cette réflexion sur la justice entamée avec Polos se poursuit avec Calliclès.

Loin des faux-semblants de la démagogie, son bonheur est tout entier fait de sagesse, de modération. Ce faisant, il estime être en mesure de se venir en aide à lui-même et surtout aux autres.
Mais là est la supercherie. En imposant une règle commune, elle nivelle les personnalités, impose une norme gorgiaas, fabrique des individus moyens, stéréotypés, conformes. La loi neutralise nos désirs, canalise nos ambitions, désamorce nos passions.

Mais quelle est donc cette supériorité dont parle Calliclès? Cherchant dans la Nature le modèle sur lequel doit se fonder la loi humaine, il évoque le monde animal, confondant goryias la Nature comme principe organisateur et fondateur avec la Nature physique. Mais en quoi la force physique, celle du caïd ou du chef de meute pourrait-elle régler nos sociétés civilisées? La force ne suffit donc pas à définir la supériorité. Aiguillonné par Socrate il en vient à préciser sa définition: Les passions nous transcendent, nous subliment.
Il faut transgresser les lois pour être soi-même, tels que la Nature nous veut. Mais cette exaltation de la jouissance ne peut aller sans une théorie du pouvoir.
Il le répète à de playon nombreuses reprises: La théorie du pouvoir de Calliclès fe va pas sans une philosophie de la Nature. La référence à la supériorité naturelle est de ce point de vue exemplaire. Mais rien ne vient étayer cette affirmation, posée comme allant de soi.
Elle consiste à exposer une tout autre conception de la vie: Nous sommes ballottés au gré des événements, jouets de ce qui ne dépend pas de nous comme le disent les Stoïciens. Nous sommes morts parce que notre âme, notre raison, la partie la plus noble de nous-mêmes, est prisonnière: Mais Socrate ne se contente pas de proposer une autre conception de la vie et du bonheur à Calliclès, il réfute point par point son argumentation, en en montrant les difficultés à la fois pratiques et théoriques.
La fuite en avant, la course à la quantité mil e tre! Si bien que le point culminant du plaisir est aussi celui où il devient impossible: Le plaisir travaille à sa propre négation: En aucun cas ils ne pourraient coexister, croître en même temps ou décroître en même temps. Le plaisir et le désir croissent et décroissent simultanément: Nous sommes dans deux registres différents: Il y en a de meilleurs et de moins bons, il y a une hiérarchie des plaisirs.
Pour être défini, le bien suppose un tout autre critère que la jouissance. Socrate introduit une notion qui devient essentielle: On sait par ailleurs la méfiance que Platon aura vis-à-vis des poètes qui, par cette absence de préoccupation du bien, représentent un danger pour le bon ordre de la Cité.
Ils sont plutôt lancés à la poursuite de tout ce qui peut faire plaisir au citoyen. Ne traitent-ils pas les peuples comme on traite les enfants?
Refusant de céder il rompt brutalement le débat et prie Socrate de continuer seul: Ignorant les passions humaines, ignorant les rapports de force qui sont le lot quotidien des rapports sociaux, négligeant les conventions qui régissent la vie de la Cité, le philosophe est comme un enfant, impuissant à se venir en aide à lui-même ou à ses proches a. Quel est en effet le plus grand mal qui peut advenir à un homme et dont il doit absolument se prémunir?
La rhétorique que Calliclès et les sophistes prétendent enseigner nous rend peut-être plus puissant, elle ne nous rend pas meilleurs. Sauver sa vie ne justifie pas toutes les bassesses, tous les renoncements, toutes les compromissions. La rhétorique ne fait pas mieux.
Y a-t-il un homme qui avant de le rencontrer était un homme méchant, injuste, déréglé, déraisonnable et qui grâce à lui soit devenu un homme de bien? Mais il a inlassablement dans ses échanges avec les Athéniens traqué le mensonge, les illusions, les faux semblants, les discours vides.
Explication de texte : PLATON, Gorgias
Au procès, fidèle à sa ligne de conduite, quand son tour viendra de se défendre il refusera de faire appel aux arguties sophistiques des plaideurs, transformant sa plaidoirie en profession de foi, affirmant haut et fort que sa vie entière a été consacrée à la justice et au bien et que pour cela les Athéniens devraient lui attribuer la plus haute torgias récompenses et le nourrir au Prytanée: Bien entendu Socrate ne sera pas entendu et la mort viendra sanctionner ce dialogue de sourds.
Le mythe final, celui du jugement dernier, le confirme. Et ainsi la Justice, tant bafouée dans le monde des hommes, retrouve ses droits. Il est en effet trop exigeant pour se contenter des acquiescements agacés de Calliclès. Un tel principe impose une véritable éthique du dialogue. Calliclès est trop sûr de lui, trop imbu de sa supériorité, trop soucieux de son pouvoir, pour remettre quoi que ce soit en question. Ces deux hommes fondamentalement ne se comprennent pas. Ce pouvoir est indépendant de toute justice, il est uniquement de faire ce qui plaît sans se préoccuper de ce qui est juste ou injuste.
Ce pouvoir sur les autres est au contraire pour Socrate un pouvoir illusoire, car il ne délivre pas de la seule véritable tyrannie: Cette profonde divergence de vue entre nos deux protagonistes renvoie en fin de compte à deux manières différentes de penser le rapport à la Nature. La Nature de Calliclès est toute autre: Curieuse situation donc que celle de Calliclès. II – La réfutation par Socrate: III – Socrate seul: Produite par les playon, la loi produit des médiocres En imposant une règle commune, elle nivelle les personnalités, impose une norme moyenne, gorrgias des individus moyens, stéréotypés, conformes.
Une apologie de la jouissance Mais quelle est donc cette supériorité dont parle Calliclès?

Une théorie du pouvoir Mais cette exaltation de la jouissance ne peut aller sans une théorie du pouvoir. Le mythe final a — c Le mythe final, celui du jugement dernier, le confirme.
